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04juin
CLD

Détresse respiratoire chez le chat

Du point de vue du vétérinaire, un appel pour un chat en détresse respiratoire annonce bien souvent une issue pessimiste. Pourtant, les chances de survie peuvent être significativement augmentées si l’animal est pris en charge à temps. 

 

veterinarian  in vet clinic at work.

 

1) Comment savoir si mon chat est en détresse respiratoire ?

Le syndrome de détresse respiratoire correspond à une atteinte des voies respiratoires ou des poumons entraînant une forte réduction, voire un arrêt pur et simple, de la fonction respiratoire. Les organes de l’animal ne sont donc plus alimentés en oxygène, on parle d’hypoxie. Privés de ce gaz, les organes subissent d’importants dégâts qui se révèleront rapidement irréversibles. La détresse respiratoire est donc une urgence grave qui doit être immédiatement prise en charge.

Les signes cliniques de détresse respiratoires sont marqués. On peut ainsi observer de façon systématique d’importants efforts pour respirer. Cela se caractérise par : des bruits à l’inspiration ou à l’expiration, une respiration la bouche ouverte, des mouvements amples des côtes, des narines qui se dilatent à l’inspiration et enfin des mouvements de l’abdomen. On a l’impression que le chat « respire avec le ventre ». L’animal peut également présenter une toux importante. Enfin, le manque d’oxygène peut se traduire par une cyanose, il s’agit d’une coloration bleutée des gencives, de la langue ou de l’intérieur des paupières du chat. Bien entendu, l’animal est très abattu.

Le syndrome de détresse respiratoire peut avoir plusieurs origines. Il peut survenir suite à une intoxication ou un traumatisme. Il peut aussi être la conséquence d’une infection grave ou bien d’une obstruction des voies respiratoires. Les fausses déglutitions, c’est à dire l’aspiration de contenu alimentaire dans les poumons, sont aussi des causes fréquentes de détresse respiratoire aiguë.

 

2) Comment réagir dans un cas pareil ?

Le syndrome de détresse respiratoire est le signe d’une défaillance très importante de la respiration, et comme nous l’avons vu, les conséquences peuvent être fatales à très court terme. Il est donc capital de réagir vite en appelant immédiatement une structure vétérinaire. Si les signes de détresse surviennent hors des horaires d’ouverture classiques, il faut savoir que de nombreuses cliniques assurent un service d’urgence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Si ce n’est pas le cas, le numéro d’un vétérinaire de garde vous sera forcément communiqué.

Lorsque vous êtes en ligne avec la clinique vétérinaire, il est important d’essayer de garder la tête froide et de décrire précisément les signes que vous observez. Comme nous l’avons vu, la détresse respiratoire intervient dans certains contextes particuliers. Il faut donc penser à signaler tout événement anormal ayant précédé les signes : accident, chute, abattement soudain etc. Par ailleurs, il est important de bien suivre les consignes données par la personne à l’autre bout du fil.

Si le vétérinaire ou l’assistant estime qu’il s’agit d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë, il vous sera probablement demandé d’amener le plus rapidement possible votre animal. Lors du transport, pensez à ménager votre animal en le soulevant avec précaution. Il est capital de laisser les voies respiratoires le plus dégagées possible. Par conséquent, il faut absolument éviter de mettre des couvertures devant le nez ou la bouche. De même, il faut éviter de placer votre chat dans une caisse de transport pendant le trajet vers les urgences.  En effet, cet espace restreint limite la ventilation de l’animal.

 

3) Et la suite ?

Une fois votre animal à la clinique, le vétérinaire établira rapidement le diagnostic de détresse respiratoire aiguë. L’enjeu sera alors de stabiliser l’animal pour garantir le maintien des fonctions vitales. Pour cela, de l’oxygène sera fourni par voie respiratoire. En fonction du contexte, il est également possible d’administrer des anti-inflammatoires, des antidouleurs ou bien des solutés en perfusion intraveineuse.

Une fois la crise respiratoire maîtrisée, il sera possible d’en chercher l’origine. Plusieurs examens pourront alors être réalisés : radios, échographies, prises de sang etc. La suite du traitement dépend des résultats de ces examens complémentaires.

Cependant, durant la phase de récupération de la crise de détresse respiratoire, l’animal nécessite une surveillance médicale renforcée. Ainsi, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la température et d’autres paramètres sont régulièrement évalués. Ceci a pour objectif d’évaluer la récupération du chat et de prévenir les rechutes. Il est donc très probable que, suite à un épisode de détresse respiratoire, votre chat reste plusieurs jours hospitalisé pour surveillance.

Lorsque son état est jugé suffisamment stable, votre chat pourra retourner chez lui. Mais il faut garder à l’esprit qu’une crise de détresse respiratoire est un épisode grave qui n’est jamais sans conséquence sur la suite de la vie de votre animal. Aussi, il est important de bien respecter les instructions données par le vétérinaire afin d’assurer une meilleure qualité de vie à votre compagnon.

 

Grâce aux informations ci-dessus, vous êtes désormais capable de reconnaître les symptômes et les contextes d’apparition de ce type d’urgence.

 

Crédit Fotolia : #181976807 - Kaninstudio

CLD

Dr Christophe LE DREF

Co-Fondateur de Vetalia
N°Ordre 18384
Président de l'AVAD
ENVA 1998 Vétérinaire Associé depuis 2008

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